Etiquetage nutritionnel..pour y voir clair…

9% des français seulement lisent les étiquetages au dos des packs des produits alimentaires…ceci dit, on ne peut pas les blâmer vu que que pour décrypter l’étiquetage nutritionnel d’un produit alimentaire ou plus simplement pour comparer 2 produits sur un linéaire, il faut être diplômé en nutrition.

En effet, les marques rivalisent parfois d’astuces à la limite de l’honnêteté intellectuelle pour faire d’un produit banal un produit santé…et s’assurer au passage la déculpabilisation du client et donc l’achat (75% des produits ont une allégation nutritionnelle ou santé !!!).

Nous vous livrons ici quelques clés pour interpréter un étiquetage et faire les bons choix…ainsi que quelques initiatives prises par différents pays pour faciliter la lecture des consommateurs…

 

Si votre démarche consiste à comparer les valeurs nutritionnelles de 2 produits (2 boîtes de corn flakes, 2 barres de céréales, 2 confitures, 2 plats…), nous vous proposons 6 points à checker :

  • Utilisez la colonne pour 100g ;
  • Comparez rapidement la valeur calorique globale du produit : c’est un indicateur qui va vous permettre de faire éventuellement ressortir une grosse différence mais elle est insuffisante car la question demeure : quels nutriments apportent les calories ?
  • Comparez ensuite la quantité de sucres simples ou à défaut de glucides…en particulier quand le fabricant insiste sur le fait que c’est peu ou pas gras…
  • Comparez ensuite la quantité d’Acides Gras Saturés ou à défaut de lipides…en particulier quand le fabricant insiste sur le fait que c’est peu ou pas sucré…
  • Dernier point assurez vous que le produit n’est pas trop salé si c’est un plat (moins de 1000mg de Sodium) et éventuellement complémenté en vitamines et minéraux (c’est un plus).
  • Finalement, attention aux portions consommées…

 

Prenons par exemple 2 produits comparables : les céréales au chocolat SPECIAL K de KELLOGS et les céréales au chocolat de KITCHENDIET :

Ici clairement sur ces critères et sans tenir compte des aspects sensoriels (goût, texture…) ou du prix, on observe que les SPECIAL K ont une teneur en sucres près de 3 fois supérieure pour des valeurs sensiblement identiques sur les autres aspects…si on recherche donc des céréales chocolat pour prendre soin de sa ligne, le choix est relativement clair. Les portions sont également importantes : soit elles sont unitaires et vous maîtrisez vos apports par portion, soit c’est un paquet en vrac et attention de ne pas surconsommer…

 

Pour faciliter la vie des consommateurs, certains pays se sont dotés d’un système permettant de mesurer la composition nutritionnelle des produits :

 

Le « feu tricolore » des britanniques :

La lecture est simple: le rouge indique une quantité élevée, l’orange une quantité moyenne et le vert une quantité faible du nutriment en cause…

Plusieurs problèmes semblent se dégager :

  • Si on veut comparer 2 produits, on compare des portions qui peuvent être différentes.
  • Le système est inefficace dès lors que le produit concerné est un aliment sucré ou gras par nature : il est logique que du sirop d’érable soit sucré ou qu’une huile d’olive soit grasse…et que les 2 soient dépourvus de sel…on obtient alors un produit avec 3 feux verts et 1 rouge et ça devient peu lisible.
  • Le système ne tient pas compte des fibres…quand on sait que 50% des femmes ont des problèmes de transit…


La « clé » scandinave d’origine suédoise :

La Suède a établi le « Keyhole » en 1989 et il est maintenant appliqué au Danemark et en Norvège. Le système nous semble particulièrement pertinent pour plusieurs raisons :

  • La lecture est minimaliste (à la suédoise) : Avec ou Sans.
  • Il permet de mesurer comme pour le système britannique les apports en lipides, graisses saturées, sucres et sel mais ils ont ajouté également comme critère les fibres
  • Les aliments qui peuvent ajouter ce « Keyhole » sont ceux qui comparés à un produit de la même famille ont une meilleure composition ; cette composition étant différente selon que le produit est un produit laitier, un plat cuisiné, un gâteau…bref, les critères pris en compte varient.


Et en France alors???

A priori le visuel adéquat n’a pas encore été trouvé puisque les recherches sont toujours en cours. Les chercheurs de l’université d’Aix-Marseille ont conclu à une création de quatre catégories de classification des aliments, allant de « SAIN » à « LIM ». Dans la première catégorie, on retrouve les aliments riches en nutriments protecteurs tels que les vitamines, les minéraux, les fibres et les acides gras essentiels. A l’opposé, la catégorie 4 rassemble ceux riches en composés tels que le sodium, les sucres ajoutés, les acides gras saturés. Les classes intermédiaires regroupent des produits tels que les huiles, dans lesquelles la présence de certains lipides améliore le classement, ou encore le gruyère, riche en calcium. Ainsi les produits auraient un logo apposé « SAIN » ou « LIM ». Est ce que ce type de logo vous semble plus simple d’utilisation que des pictogrammes ou des logos de couleur? Pour ma part, j’ai l’impression que la lecture est simple et permet une comparaison entre 2 produits. Mais ce système ne règle pas pour autant le problème soulevé précédemment à savoir que penser des autres nutriments contenus dans le produit. Avec ce type de logo, nous ne savons pas la proportion d’aliments « LIM » que nous pouvons mettre dans notre caddy?

Une enseigne de la grande distribution a elle aussi tenté de lancer un système « le nutripass »…qui permet de mesurer les quantités apportées pour certains nutriments et par portion…difficile donc de comparer 2 aliments et relativement compliqué car il inclue certains micro-nutriments…imparfait car pas de fibres ni d’acides gras saturés…on est loin du système suédois…d’autant que le fait que ce soit une enseigne qui vend également ses propres produits sous sa marque peut créer un conflit d’intérêt…

 

 

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Pour conclure, nous plébiscitons clairement le système suédois qui nous semble le plus simple, le plus clair et le plus complet…d’autant qu’il a été adopté par la Norvège et le Danemark, preuve qu’il a convaincu au delà de ses frontières…et dans des pays qu’on peut caractériser d’objectifs car peu influencés par les lobbys de l’agro-alimentaire…

Mais comme les français veulent leur propre système, que les lobbys sont puissants et que chacun pousse sa propre solution, on peut espérer y voir un peu plus clair quand l’UE prendra le relais…En attendant, vous n’avez plus comme solution, si l’étiquetage nutritionnel vous intéresse, que d’adopter une lecture attentive des packagings en vous concentrant peut être sur les produits « à risque »…

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